C’est au passé simple que le CAI (secrétariat fédéral) de la fédération du commerce s’est fendu, le 27 novembre 2017, d’une attaque au Kärcher contre les militants parisiens du commerce (et l’UD de Paris). Le passé simple, ça fait sérieux. Et littéraire. Problème : c’est en voulant avoir l’air intelligent qu’on a l’air le plus bête. Et nous savons de quoi nous parlons : selon la fédé, notre bêtise ne connaît pas de fond et nous sommes affligés d’une maladie incurable : « l’Absurdisme » (défense de rigoler !).
 
Voulant connaître la gravité de cette maladie, nous nous sommes rués vers les dictionnaires en ligne. Nous y avons découvert que l’Absurdisme était un mouvement créé par le danois Villy Sorensen, dans la filiation de… Kafka !
 
Plus sérieusement, la fédération nous accuse, pêle-mêle, d’avoir été « jadis » membres de la direction fédérale, d’y avoir organisé le versement de sommes importantes et injustifiées au bénéfice de l’US Commerce Paris, d’avoir été battus au Congrès démocratique (en gras souligné) de Poitiers, celui où plus de cent délégués se sont fait gazer à l’entrée, que nous avons indûment déclaré une manifestation alors que nous étions gracieusement invités, que nous avions « violemment pris à partie » des camarades, que des secrétaires fédéraux ont été insultés, que nous aurions proféré des propos « racistes »… 
 
Il ne manque que l’habituel marronnier : « Vous venez de la CFDT ».
 
Une fois encore, la fédération va dans le caniveau en essayant de nous y entraîner. C’est, d’ailleurs, ce qu’elle a fait tout le long de l’AG du 23 novembre. Jusqu’à ce que, ne supportant plus d’être ultra minoritaire, deux secrétaires fédéraux donnent l’ordre de quitter la salle pour aller s’enfermer à quelques-uns (à clé !) pour tenir une AG à huis-clos.
 
Ce courrier tente d’escamoter, une fois encore, la réalité : notre fédération ne progresse plus en adhérents, elle a connu un cycle électoral catastrophique, n’est intervenue dans aucun conflit majeur, passe le plus clair de son temps à démandater ou désaffilier et a, pour principale « activité », l’organisation « d’évènements » où beaucoup d’argent est dépensé en communication et très peu d’énergie en actions réelles.
 
Elle tente de faire oublier la nullité des textes soumis au congrès : une « résolution 1 » copiée sur la CFTC, FO et bien d’autres, une « résolution 2 » en forme de catalogue et des modifications statutaires pour bétonner la direction en place.
 
Elle tente de détourner les voix des milliers de syndiqués isolés en se les appropriant pour un congrès qu’elle veut, une fois encore, verrouiller.
 
C’est sur le terrain des propositions de fond et de la démocratie que, pour notre part, nous nous plaçons depuis le début. Aucun de nos mails ou courrier ne s’est permis la moindre attaque contre les personnes, ni la moindre remarque sur les turpitudes réelles ou inventées des individus.
 
Mais la coupe est pleine. Nous répondrons donc (au verso) à tous les amateurs de caniveau. Et nous avertissons très solennellement ceux qui sont tentés par une escalade (ou plutôt une plongée) : la fédération veut parler des personnes ? Vraiment ? La fédération veut parler de dépenses non justifiées ? Vraiment ? La fédération veut parler du déroulement de l’AG du 23 novembre ? Vraiment ?
 
Qu’elle le fasse donc : nous sommes propres. Mais que personne ne vienne dire que nous aurons tiré les premiers.

Pour les amateurs de caniveau

La « subvention illégitime de l’US commerce »: depuis sa création à la fin des années 70 à février 2011, l’US commerce a reçu tous les ans une subvention de la fédération du commerce, dont le montant a été décidé par la fédération du commerce. 
 
Les comptes de l’US ont toujours été transmis à la fédération du commerce, jusqu’en février 2011, date du dernier versement. Le montant de 300.000€ versé en 2010 n’est un secret pour personne : il a été validé par la CEF de l’époque dont beaucoup de membres sont toujours dans la CE et dans le CAI actuel. Deux membres du CAI actuel sont d’anciens dirigeants de l’US commerce de Paris. Le dernier versement a été remis par un chèque signé de l’actuelle administratrice de la fédé, sans objection de la part de la responsable de la comptabilité, toujours en poste. 
 
Auraient-elles couvert des versements indus ? En réalité, si la fédération a bien versé 300.000 euros en 2010, ce n’est pas au seul titre de la subvention : près de 65.000€ étaient destinés à rembourser une embauche faite à la demande de la fédération, près de 35.000€ couvraient le remboursement du salaire d’un membre du CAI, mis à disposition de la fédération par l’US et 70.000€ venaient en compensation du transfert intégral des formations de l’US commerce vers la Fédé.
 
La subvention nette était donc de près de 130.000€ en augmentation de 25.000€ par rapport à… 2003 ! Dans le même temps, Paris avait doublé son nombre d’adhérents.
A la suite de cette rupture brutale (et totale) des subventions, nous avons dû procéder à un licenciement économique sans que cela n’émeuve personne à la fédération.
 
Contrairement à ce qui est argué par ailleurs, cet argent retiré à Paris n’a pas servi à financer les autres départements(c’est ce que raconte le CAI pour nous dresser les uns contre les autres). La fédé, en effet, n’avait pas besoin de cela pour aider les départements. En effet, entre 2003 et 2012 elle a doublé son budget grâce aux fonds du paritarisme. Nous pourrons approfondir le sujet, si besoin.
 
L’US commerce fait des syndiqués sa chasse gardée en maintenant des isolés pour des raisons… « mercantiles »(à la fédé du commerce, on n’a peur ni du ridicule, ni de la contradiction) : l’US commerce n’a jamais porté toutes les voix parisiennes dans les congrès fédéraux. Depuis 2011, toutes les AG départementales (à la demande de la fédé !) sont convoquées par l’UD. Et, à chaque fois, depuis 2011, que l’US commerce a demandé l’enregistrement de ses nouvelles sections dans cogétise, la fédération du commerce l’a refusé. Les réponses fédérales sont à la disposition de tous.
 
Nous aurions déclaré une manifestation alors que nous étions… cordialement invités !Quelle blague ! Au fait : ce n’était pas notre première manifestation contre la fédé du commerce, ni la dernière. Quant à la « poignée » de manifestants, elle représentait 80% des présents à l’AG (les images vidéo peuvent en attester, le cas échéant).
 
Les prétendues insultes anti-arabes :encore une accusation grotesque. Il suffit, pour en avoir la certitude, de connaître la composition de la salle (et de la direction de l’US Commerce de Paris !).
 
Quelques brèves explications nous semblaient nécessaires : beaucoup sont friands de ce genre de ragots. La fédération reconnaîtra que, pour ce qui nous concerne, nous ne nous sommes jamais rabaissés à évoquer des chaises de jardin ou des financements de lieux de culte. Et nous continuerons de nous en abstenir.
 
Et pour nous, combattre les patrons et le gouvernement, ce n’est pas qu’un slogan, un t-shirt ou une casquette : c’est là, sans doute, toute la différence.
 

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