Commerce CGT : le tribunal de Bobigny annule le congrès

Avant de lire l'extrait de l'article du blog "Ou va la CGT" des précisions sont nécessaires.

Dans ses communiqués du 22 et 26 novembre 2018, ci-dessous, la fédération du commerce et des services a déclaré que le juge n'avait pas retenu d'autres griefs pour l’annulation du congrès de la fédération du commerce et des services.

En effet une seule violation des statuts fédéraux, a suffi à l’annulation du congrès fédéral, sans qu’il ne soit besoin, pour le juge, d’examiner les autres !

La fédération à juste oublié de dire que le juge avait également annulé, en violation des statuts fédéraux, les articles 10.1, 10.2 c) et 18.4 des statuts fédéraux modifiés en congrès qui permettaient aux sections syndicales de participer au congrès alors que seuls les syndicats avec leurs adhérents forment la base des fédérations. ( Voir le jugement du 22 novembre 2018 )

Dans leur communiqué du 23/11/2018 les cinq syndicats déclaraient :

 

"La juge des référés, qui avait pourtant rejeté notre demande de suspendre les travaux du congrès au motif de l’absence d’urgence, avait elle-même relevé des irrégularités".

 

 

 

Extrait de l'article du blog Ou va la CGT

 

 

Le 22 novembre dernier, le tribunal de Bobigny a annulé le 15ème Congrès Fédéral de la CGT Commerce Distributions Services qui s’est tenu en mars dernier à Reims. On trouvera ci-contre l’intégralité du jugement du tribunal pour motiver sa décision.

Nous l’avons dénoncé à plusieurs reprises sur ce blog (lire « Avant le Congrès, guerre totale à la Fédé CGT du Commerce » et « La démocratie dans la CGT et le congrès du commerce, quelques leçons »), la situation interne à cette fédération devient absolument inadmissible, après des années de dérive et de luttes internes confuses.

Cinq syndicats avaient décidé de mettre un terme aux dérives dictatoriales et antistatutaires du bureau fédéral et de son secrétaire Amar Lagha, en portant l’affaire en justice (« Fédé du Commerce : CGT contre CGT »). Le tribunal leur a donné raison. De manière nette et sans bavures.

A notre connaissance, c’est la première fois que cela se produit dans l’histoire de toute la CGT : l’annulation d’un congrès fédéral par la justice. C’est malheureusement une première, et le signe des dérives grandissantes dans notre syndicat, la constitution de petits fiefs par des petits bureaucrates qui entendent défendre leurs positions à tout prix pour quelques avantages, au risque de détruire le syndicalisme lui-même. L’argent de la formation professionnelle, les planques du paritarisme, oui, il y en a qui « en croquent », et qui ne veulent pas lâcher le morceau. Soyons honnêtes : il y en a aussi qui veulent devenir calife à la place du calife et qui veulent à leur tour en croquer… Mais il y a surtout la grande masse des syndicalistes honnêtes qui n’en peuvent plus de ces magouilles, sans forcément tout comprendre des affrontements parfois obscurs.

Mais où est passé la lutte des classes ? La démocratie syndicale de classe ? Le respect minimum des syndiqués et des règles statutaires ?

Le jugement a donné lieu à trois réactions que nous reproduisons dans les documents ci-dessous :

  • D’abord immédiatement le 22 novembre, la fédération annonce qu’elle va faire appel, et s’acharne d’abord pour ne pas perdre la face, et surtout pour se justifier face aux syndiqués qui commencent à se poser des questions.
  • Ensuite, un communiqué des cinq syndicats le 23 novembre pour expliquer le jugement, en particulier sur le fait que le tribunal n’a pris sa décision que sur une toute petite partie des arguments et que la fédération ferait bien d’être prudente dans ses déclarations ronflantes.
  • Et une nouvelle déclaration fédérale du 26 novembre, qui réaffirme sa confiance dans le secrétaire général (tiens donc, pourquoi, serait-ce nécessaire ?) et tord la réalité pour masquer les vrais problèmes, en particulier le fond de l’affaire, le poids des isolés non organisés – 70% des syndiqués de la Fédé, dont la direction fédérale s’approprie tous les mandats, alors que le Congrès est celui des syndicats – et pas des adhérents isolés en vrac. C’est juste un des fondements de la CGT.
 
 

Le fédéralisme ne gêne aucun dirigeant pour en prendre à son aise avec les syndicats de son ressort et piétiner allégrement les principes de base de la démocratie syndicale, ce qu’on appelle la « Qualité de Vie Syndicale » dans les formations et les Congrès – défense de rire. Nous joignons ci-contre en illustration un petit dossier montrant la « vengeance » du bureau fédéral du commerce, piloté par Amar Lagha, qui a exclu de manière autoritaire et dictatoriale le syndicat CGT Gérants Casino non salariés de la négociation de branche juste pour régler ses comptes avec un des syndicats qui l’a attaqué – et a gagné – en justice. On notera la violence des échanges – qui montre où en sont arrivées les contradictions internes.

Comme nous l’avons déjà dit, la situation est délétère dans la Fédération, et bien sûr ça ne va aller qu’en se dégradant. Après les attaques contre la CGT Ansamble, puis contre la CGT des Gérants non salariés Casino, le Bureau du Commerce va-t-il s’attaquer à l’US Commerce Paris et ses 2700 syndiqués ??

Tout est possible.

Il est temps que les syndiqués de base prennent l’affaire en mains, et exigent la tenue d’un Congrès extraordinaire pour faire le ménage. Ne laissons pas la justice bourgeoise faire le travail à notre place, et pour reprendre les formules (assez creuses, il est vrai) à la mode dans notre syndicat, « soyons acteurs et décideurs » de notre syndicat !

Source : http://ouvalacgt.over-blog.com/2018/12/commerce-cgt-le-tribunal-annule-le-congres.html

 
 

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